Le ministre wallon de l'Equipement, Benoît Lutgen a émis l'idée de chauffer les autoroutes.
Naturellement, les Bobofs français, notamment les eco-féodaux et autres polymathes compulsifs, ont fait des gorges chaudes : enfin une histoire belge inventée par les Belges eux-mêmes, pensez-donc, quelle aubaine !
Sauf que l'idée n'a en soi rien de stupide ni d'inepte, contrairement à la réaction aveugle.
Il n'a jamais été dit que tout le réseau devait être chauffé (par insertion de câbles chauffants dans le bitume), mais seulement sur les portion dangereuses où le phénomène de verglas est amplifié de par un environnement donné (exemples : courbe à l'ombre toute la journée, ou tablier de pont).
Par ailleurs, des panneaux solaires peuvent être amplement suffisants pour produire l'énergie nécessaire.
Enfin, nous ne voyons pas en quoi ce ministre belge est plus risible qu'un préfet français qui, à la suite d'un accident mortel sur un pont (dont la surface était verglacée et alors qu'aucun panneau de signalisation ne mettait en garde les usagers qu'un phénomène de verglas localisé est systématiquement probable) il y a quelques mois, avait menacé l'ensemble de la population de "son" département "d'une guerre sans merci". Il y a en effet comme ça des pays où la notion de petit chef réactionnaire surpasse la maturité supposée (puisqu'il vote) du citoyen...
L'idée de chauffer la chaussée est même déjà mise en pratique sur certaines portions suisses (où les autoroutes sont gratuites) et italiennes.
L'autoroute du Val d'Aoste, à partir de Turin et jusqu'au Mont-Blanc - inclue donc la rampe d'accès en altitude - garantit déjà une circulation sûre en toute circonstance.
Au point que l'Italie, ayant souffert dernièrement d'intempéries neigeuses importantes provoquant des accidents et de longues files au pas derrière les saleuses notamment en Lombardie, principal poumon économique du pays, envisage sérieusement de tels aménagements : la crise économique ramène à la réalité, et la sixième puissance économique mondiale (en fait la cinquième ex-aequo avec la France, si on tient compte de la vérité et de la réelle paupérisation d'une très grande partie de la population française), ne peut se permettre de grosses interruptions dans les transports et les services.
Les Bobofs français, vivant en général aux crochets de ceux qui produisent et prennent des risques - y compris ceux qu'impliquent les intempéries pour leur sécurité -, ont tout faux une fois de plus, mais leurs médias-relais, les bien-dits Béni-oui-oui, n'ont eu aucune vergogne à exhiber leur complicité sur "la blague belge", puisque les Français ont l'attention qu'ils méritent, et aiment payer pour cela...