Burqa, société, soins : la République stigmatisée ?

Des policiers disent envisager de ne pas verbaliser certaines communautés...

Des valeurs républicaines aux enchères ? Le Président peut-il encore les rendre respectables ?



Burqa, société, soins : la République stigmatisée ?
Alors que rien n'est pardonné au clampin moyen, on apprend que certains représentants de l'État s'accommodent d'influences, ou menaces, dites "communautaires", voire mafieuses...

Bien sûr, quand des gens, "au nom" de telle ou telle communauté entreprennent "courageusement" une intifada sous forme de jets de pierres sur les autobus ou les policiers (ou les vulgaires citoyens, mais ils comptent si peu...), il y a de quoi, individuellement, avoir envie de se mettre à couvert.
Mais dans ce cas, il ne faut pas se retrancher derrière des valeurs républicaines durement acquises, entre autres par des Résistants à une invasion de la France dans les années '40, pour mieux s'acharner sur le citoyen moyen (voir ici et ici), victime de sa seule transparence, dans une République où les provocations "communautaires et religieuses" se commettent (même si les médias officiels minimisent ou omettent l'information, de peur de se montrer "populistes" ou de déplaire à leurs gourous) pourtant quotidiennement : la peur de ces réactions "communautaristes" et subversives ne devrait pas, en démocratie, être compensée par la course au chiffre concernant alors les seules catégories "non visibles". Qui n'en peuvent mais, et l'ont fait savoir lors de récentes élections.

Cette stigmatisation de fait (des usagers de la route "convenables", des citoyens démolis par la crise, employés comme employeurs, trainés devant les fonctionnaires des tribunaux méconnaissant ouvertement la crise tels ces juges qui pensent avec une grille administrative disant que le démuni peut payer même si le démuni de bonne foi ne le sais pas) de certains citoyens est avant tout la stigmatisation de la République.

Ainsi nous apprenons dans l'enquête de notre confrère Rue89 que certains fonctionnaires envisagent de ne pas appliquer une éventuelle loi concernant le voilage intégral - ou la dissimulation du visage et de la personne -, arguant du fait qu'ils ne "sauraient verbaliser des contrevenants partageant la même religion ou celle de leur conjoint", ou encore "que ce serait - la loi - une provocation" (sous-entendu, semble-t-il "pour ceux qui ont leur propre loi").

A part le fait qu'il est étonnant que des membres d'une religion très honorable s'identifie à des extrémistes sectaires quand il s'agit de croire à la "stigmatisation d'une communauté" alors qu'on veut simplement mettre en avant les valeurs de la République, dont une des premières est de ne pas se dissimuler en public et de ne pas imposer un prosélytisme dans la vie publique, même si une religion se prétend ou se définit loi (alors que d'autres religions tout aussi respectables ont rangé depuis longtemps les exhibitionnistes en bure style Klu Klux Klan, secte qualifiée de dangereuse, au rang des oubliettes !), il serait peut-être temps que ladite République cesse elle-même de faire de la discrimination, positive ou pas mais larvée et insidieuse, et donc infâme.
Le risque en effet, outre le délitement de la République, est que la surenchère émerge de toutes parts, avec son cortège d'intolérance(s) et de violence.

En effet, nous apprenons également dans le reportage que "dans certains quartiers on n'ose plus mettre de PV", ce qui laisse supposer que d'autres lois sont à l'œuvre sur le sol de la République.

Nous savions déjà que les juges considèrent comme mineur le vol d'une automobile et son utilisation par des gens n'ayant, en plus et très souvent, même pas le permis : les juges appellent cela un "emprunt". Peu importe si ça se termine mal et si ça gonfle des chiffres exploitables : la route est dangereuse, on fera payer les automobilistes honnêtes !

Nous savions qu'une conductrice de bus (on ne dit pas une "chauffeuse" comme on dirait une "préfète") peut être rouée de coups par des voyouses qui seront ensuite relâchées "pour ne pas provoquer de troubles".

Nous savions et subodorions beaucoup de choses, mais nous les mettions sur le compte de l'incompétence, pardon : la nonchalance, latine (latinité que les Sachants de France récusent, comme ils nient compulsivement tout ce qui ne leur plaît pas, le Peuple en premier, décidément trop "populiste"). Au mieux, nous les mettions sur notre frustration personnelle volontaire que, selon les Sachants, nous entretenons de par notre masochisme et notre "haine de notre propre Pays".

Nous savions et supportions donc, plus ou moins, que la prédélictualisation de l'usager de la route était en fait seulement une escroquerie au portefeuille : si notre santé intéressait tant nos dirigeants, leurs tristes conseilleurs et leurs relais adoubés, ils s'occuperaient en priorité et d'urgence des morts violentes en France autres que celles de la route (en régression nette grâce aux progrès de l'industrie), soit, nous le rappelons, 3.715 morts mensuels en moyenne (plus de 10 fois que la route !).

Or, un Pays a besoin d'être défendu, et une incarnation des missions régaliennes doit être impartiale : ce n'est manifestement pas le cas en France, et depuis pas mal de temps. Il est donc temps que les Sachants sachent que ce n'est pas la France qui n'est pas aimée : c'est d'eux dont il est en réalité question.
Leur mépris, leur suffisance, leur aveuglement, leur ébriété latente, tout cela ensemble a créé une monstruosité : une parodie de République dont les dures règles sont utilisées de manière toujours plus sélective.

Ne surtout pas croire que ce constat est le fait de quelque maniaque pollueur et dangereux se focalisant sur sa chère (très coûteuse, en fait !) petite auto : nous recueillons des témoignages de ce pataquès ambiant en provenance de tous milieux : nombreux sont les témoignages, par exemple, concernant le domaine de la santé où des citoyens, souffrant de maladies graves reconnues par l'OMS (et par nombre de pays modernes de l'UE) se voient laissés sur le carreau par l'administration française, qui laisse entendre sans vergogne à ces souffrants qu'ils inventent... ou bien les envoie chez ses propres experts psychiatriques pour humilier le requérant et l'éliminer du circuit ! Alors que pourtant, d'autres malades, de la même maladie, sont "reventilés" sous une autre "définition" de la maladie et bénéficient ainsi d'aide...
A croire, décidément - puisqu'on est dans l'ubuesque -, que dans ce domaine-là aussi, il y a sélectivité, voire discrimination, positive ou pas puisque des gens d'une communauté sont aussi apparemment traités différemment, par rapport à d'autres membres de la même communauté, par l'administration, donc par certains fonctionnaires !
Est-ce dû à la capacité d'influence potentielle du requérant ?... L'absence totale de réponse de la Ministre de la Santé aux courriers, dont nous avons eu connaissance, des requérants "refoulés" ne va certainement pas pour nous rassurer sur le devenir de la "démocratie" à la française !

Nous nous voyons donc ainsi dangereusement nous exposer à "épingler certains représentants d'une République dont nous partageons les valeurs (celles de la République)", du fait qu'eux ne les partagent que sélectivement...
A moins que le Président de la République, apparemment favorable à une loi contre le camouflage en public et donc sans doute à l'application de la loi, considère désormais qu'il y a de vraies urgences au-delà de pseudos "causes nationales" visant à diaboliser tel citoyen-usager ou supposé pollueur : reprenant le pas sur celui de certains "conseillers", il remettrait au goût du jour le respect des valeurs, et en premier celles de la République, basées sur les Lumières, et donc contre les obscurantismes.
C'est, en fait, et pour tous, tout simplement à souhaiter.



Jeudi 20 Mai 2010
Erdna Boukouré

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