N'ayant rien à dire, et au lieu de se taire à défaut d'examiner la vérité véritable,
la presse française s'adonne alors souvent et sans retenue à son obscène et morbide aversion du peuple, et du peuple motorisé en particulier.
C'est alors notre rôle de citoyen, de "populiste" donc, de décortiquer le matraquage.
A vrai dire, il s'agit surtout de la
presse parisienne, dont les journalistes, comme nombre de fonctionnaires se protégeraient de la "populace", rentrent - dès le vendredi pour ne revenir que le mardi - "en province" et
tous (nombreux)
frais payés (TGV, avion, etc...) par leur direction complice.
Ainsi,
tirer à bout portant sur l'usager de la route (qui souvent n'a aucun autre choix, lui), et uniquement pour le plaisir de se voir imprimé pour pouvoir s'auto-congratuler de l'œuvre sociale ainsi commise à moindre frais
(les usagers de la route ne sont d'ailleurs pas de bons lecteurs payants : ce sont des pauvres, souvent !), leur sert de conscience.
Pourtant,
si la vérité est dévoilée, on s'aperçoit vite que ces gens participent seulement à une
aliénation organisée visant à cacher la réalité, à fin lucratives (l'automobile, immatriculable donc identifiable, est toujours rentable par définition) :
car les morts violentes HORS DE LA ROUTE atteignent des sommets ahurissants, pour un pays soit-disant moderne, mais ces mêmes
pseudos journalistes les nient avec force : en les taisant !
Quand on détaille un article comme celui récemment diffusé sur
Le Parisien (dont les "modérateurs" sur bien des sujets - notamment sur la sécurité, l'immigration, la pauvreté - brandissent bien vite l'alibi "votre commentaire est contraire à la ligne de conduite de la rédaction" dès que
ces censeurs voient leur privilège d'expression unilatérale légèrement contré), on note facilement le discours convenu,
qui est tout ce que l'on veut,
sauf du journalisme, et encore moins du reportage.
Exemples :
- l'auteur (et non pas "l'auteure", car le titre, surtout pour un usage aussi simiesque ne garantit aucune pensée, donc aucune qui soit sexuée) se lamente :
"Les chiffres ne sont pas bon dans les Yvelines : il y a une augmentation de 30% de la mortalité sur les routes" ; or ceci, sur des chiffres aussi faibles - si on peut dire, s'agissant de vies - est du même tonneau que :
"dans cet immeuble, il n'y a jamais eu de meurtre au couteau, et là il y en a deux d'un coup : 200% d'augmentation, c'est scandaleux !"
A sujet
orienté, affirmations
spécieuses. Et résultat
malsain car proche du voyeurisme morbide ;
- l'auteur, encore :
"cette inquiétante évolution n'augure rien de bon pour les mois à venir" (c'est presque du
Madame Soleil !), venant après
"les automobilistes se relâchent", et la preuve :
"une automobiliste de 62 ans a été arrêtée après une course poursuite avec les gendarmes alors qu'elle roulait sans permis".
Sous-entendu :
"la preuve que TOUS les automobilistes de France et de Navarre sont malintentionnés et "se relâchent" : sans mœurs et sans respect, à tout âge ils hantent, par dizaine de millions (44 pour être précis) les routes de France, jour et nuit, et tels les hors-la-loi qu'il sont, terrorisent le bon peuple (c'est-à-dire le merveilleux Bo-beauf parmi lesquels nous, les journalistes Béni-oui-oui)".
L'auteur, qui forcément est un
idolâtre du pourcentage obtus et un défenseur de TOUTES les vies humaines, devrait avoir pourtant ceci à l'esprit : si effectivement et malheureusement
13 personnes ont trouvé la mort sur les routes des Yvelines lors des 3 premiers mois de l'année et que "ça représente une hausse alarmiste par rapport à l'année précédente", que penser alors (et sans que la statistique, probablement à l'augmentation en 2010 n'entre même en compte) qu'avec le même genre d'approche commerciale et puisque 3.715 personnes meurent
A CÔTE DE LA ROUTE par mort violente chaque mois,
on arrive sur la même période chagrinant l'auteur du Parisien,
à 117,31 morts dans les Yvelines (3.715, multiplié par 3 mois et divisés par 95 département "métropolitains") ? Soit 104,31 morts de plus que "ses" morts de la route...
Pas de quoi faire un article honnête ?
Pourquoi ? Parce que la
rentabilité morbide, selon que l'on est "mort de la route" ou "mort hors la route",
est disparate ET politique ?
A noter que
les lecteurs sont presque toujours plus lucides, et en quelque sorte compétents (pour ne pas écrire "crédibles"), telle la lectrice de ce même article du Parisien qui dans les commentaires des internautes évoque une réalité, car vécue :
une machine à laver au milieu d'une voie à grande circulation ! Comme dans les Pays les plus "arriérés", mais moins donneurs de leçon...