La confrontation
Peugeot LXR /
HP Power Lithium a quelque chose de révélateur : deux produits semblables peuvent être vendus avec une différence de prix énorme, selon le logo qui lui est apposé !
Résumons : le
Peugeot LXR 125 français, produit à Taiwan, est proposé à
2.899 €, alors que le le
HP Power Lithium 125 est à
2.285 €, soit 614 € de différence, une paille (plus de 4.000 francs) ! Alors, qu'est-ce qui justifie cet écart ? L'or, peut-être ?
Une prise en main confirme immédiatement notre première impression : esthétique classique mais banale, finition soignée mais très relative en regard du tarif, le Peugeot a pour lui la réputation de son blason faisant référence à la mémoire collective du "bon produit bien d'chez nous". Croyance malheureusement autant fallacieuse que tenace : en réalité, la main-d'œuvre française a été "déportée" en Asie. Ce n'est certes pas la faute à Peugeot, mais plutôt à une politique française s'efforçant depuis des décennies à détruire toute la richesse du pays en s'associant sottement au mondialisme. Et "ça va mieux" en l'écrivant ici.
Ça va mieux parce que,
une fois informé l'utilisateur - qui, lui, dépend de toute façon de ce qu'il a en poche -
n'aura aucun remord de principe à s'intéresser au HP Power : l'italien, conçu et valorisé à Turin (HP Power est la division 2 roues de
Maggiora, concepteur d'automobiles pour un - très - grand Constructeur germanique, et entre autres, auteur de merveilles comme les De Tomaso Pantera et Mangusta, Maserati Mistral ou Lancia Delta Integrale...) est également monté dans les modernes usines asiatiques du groupe, mais a la pudeur de proposer sa gamme au juste prix. La "politique du blason" a en effet ses limites : depuis 2008, une crise socio-économique sévit en France, et, si nombre de "grandes marques" (car quasiment toutes les grandes marques sont comme Peugeot :
elles sous-traitent toutes en Asie, y compris les Japonais qui sous-traitent en Chine, en Inde, au Vietnam...) rêvent sur leurs prérogatives datant de l'époque des vaches grasses. Bien sûr nombre de concessionnaires (pas tous, heureusement), habitués au moindre effort grâce aux coûteuses campagnes publicitaires (répercutées sur leurs prix de ventes) voient d'un mauvais œil la démarche d'une maison comme HP Power - Maggiora (d'autant, et c'est encore plus énervant, qu'il ne s'agit pas d'un simple marchand faisant un coup, mais bien d'un vrai Constructeur, installé depuis 1925 !).
Le HP Power Lithium 125 est donc présenté de manière élégante et raffinée (le fameux design italien !) dans une gamme sobre de coloris, alors que la qualité est au moins égale à celle de son concurrent direct.
Refroidies par eau, les mécaniques de ces deux concurrents directs sont élaborées sur des bases particulièrement fiables et éprouvées (base ayant fait de très beaux jours nippons...). Souples autant qu'économes, ces motorisations, silencieuses et propres, sont toujours à leur aise : le Peugeot, peut-être légèrement plus vif à l'accélération (et donc légèrement plus gourmand avec ses 4,1 l. aux cents kilomètre contre 3,9 pour le HP Power, se fait très vite rattraper sur tous les plans par son rival : un peu plus de souffle (bien que nous soyons convaincus qu'entre ces deux ils s'agit surtout de questions de réglages initiaux et d'aérodynamique, plus soignée sur le HP), une vitesse maxi égale (108 km/h contre 109 pour le "français"), l'italien fait jeu égal en termes de confort (excellent pour les deux, compte-tenu de leurs prestations), alors que son freinage, plus mordant, semble légèrement supérieur à celui du Peugeot.
La maniabilté des deux véhicules est excellente, permettant une conduite urbaine aisée, alors que sur route le HP se montre supérieur en stabilité en virages et particulièrement en courbes prises à bonnes allures. Rien de rédhibitoire pour le Peugeot cependant, qui fait jeu égal avec le reste de la concurrence (
Aprilia Sportcity Cube,
Piaggio Liberty,
Derbi Rambla ou
Suzuki Sixteen, tous encore plus chers que le Peugeot !).
Côté pratique, le coffre de l'un et de l'autre acceptent un bon casque à écran, ce qui est déjà très bien, alors qu'ils peuvent être complétés par des accessoires (top-case, et dans le cas du HP de ce qui se fait de mieux en termes de pare-brise - marque Biondi - pour un petit supplément).
Concernant l'éclairage (aspect trop souvent négligé dans la catégorie, y compris par nous-mêmes la presse) nous avons trouvé celui du Peugeot juste suffisant, alors que celui du HP est parfaitement adapté. Peugeot devrait demander à sa division automobile de faire profiter de son expérience, comme le fait Maggiora pour HP...
Les deux concurrents présentent une position de conduite satisfaisante, même pour les petits gabarits (les dames apprendront avec intérêt que le HP présente une hauteur de selle de seulement 82 cm, renforçant ainsi l'aisance de la prise en main, par ailleurs sans problèmes ni pour l'un ni pour l'autre des rivaux). La selle du Peugeot est accueillante est agréable, alors que celle du HP, tout aussi accueillante, se révèle plus ferme. Mais contrairement à ce que l'on croit généralement, une assise ferme est plus confortable sur la durée - de parcours comme de vieillissement -, et c'est pourquoi les plus belles productions automobiles d'outre-Rhin présentent cette caractéristique, étant destinées à rouler longtemps.
Globalement, ces deux scooters s'avèrent proches. Sympathiques et utiles autant l'un que l'autre (après, c'est une question de goût personnel, bien que les Italiens démontrent encore avec ce Lithium ne pas en être privés de naissance...). Deux concurrents - en tant que machines - difficiles à départager.
Raison de plus pour ne pas admettre que la politique adaptée aux circonstances de ce dur début de XXIème siècle, est bien plus en adéquation avec la réalité. Une politique commerciale moderne doit démontrer sinon sa solidarité avec la population à qui elle s'adresse, du moins son respect, par sa crédibilité, pas par quelques autocollants combien onéreux ! Cette politique, HP Power la tente, et c'est tout à son honneur !
Plus de renseignements :
PEUGEOT
HP POWER