C'est avec la plus grande humilité que nous souhaitons rendre hommage à la Pologne, touchée par le terrible drame de Smolensk, dans la maudite forêt de Katyn.
Humilité, et affection.
Affection, oui, pour un peuple si souvent et si durement touché dans son Histoire.
Affection, face à cette impitoyable et sarcastique pirouette de l'Histoire, qui poursuit jusque dans la commémoration d'une réalité historique terrible celui, Lech Kaczynski, Président de la République d'une Pologne démocratique, qui a lutté et contribué à la révéler.
Affection et humilité face à cet homme, à ses proches, et à ceux qui l'accompagnaient, qui ont contribué à affronter la plus violente noirceur de l'Histoire : celle des crimes abominables du sinistre duo totalitaire associé : National-Socialisme et Communisme.
Et affection, oui, encore, et en toute humilité évidemment, pour la Pologne - et les Polonais -, que la tragédie, à cause de son obstination et de son grotesque, n'arrive qu'à nous rendre plus attachante, par sa manière courageusement exemplaire avec laquelle, chaque fois, et presque toujours seule, elle se relève.
En dénonçant, comme tout le monde l'un (le nazisme), Lech Kaczynski, a dénoncé également l'autre (le communisme, dit désormais "stalinisme", car c'est plus "commode"). Ce qui en temps d'omerta intéressée, était, et est toujours, extrêmement courageux, si nombreux (y compris et surtout chez les "amis") étaient et sont encore ceux qui ont quelque chose à se reprocher.
Pour cela, le Président polonais n'avait pas que des amis - à l'intérieur comme à l'extérieur -, tant la vérité, dans la vie, est la chose qui peut le plus blesser, à grande échelle. Et contre laquelle tous les dictats luttent (d'où la peur d'internet, même dans certaines "démocraties").
Pour cela cependant, il restera dans l'Histoire, pour être un homme ayant aimé, avant tout, son Peuple et la démocratie.
Pour avoir défendu, par la démocratie, son peuple, et pour lui avoir, avec quelques autres, rendu sa dignité.
Cette Pologne que nous avons connue, grise, pleine de cicatrices à ciel ouvert, discrète et cependant fière, acceptant avec vaillance et humilité, justement, le fardeau qu'on lui a trop souvent imposé, nous l'aimons car, même modestement, elle a toujours su nous accueillir. Elle accueillait, et accueille toujours avec sincérité, car nous lui rendions visite comme ça, en touristes alors que tant d'autres partaient vers quelque artifice ensoleillé, et avec reconnaissance car nous ne l'avions pas complètement oubliée.
L'homme (le Président), les femmes et les hommes qui l'accompagnaient, représentaient un Peuple, avec ses divisions et ses opinions différentes certes, mais qui au-delà des clivages sait, au moment où certains autres Peuples ne savent plus qui sont-ils, être uni dans l'épreuve de tous les jours comme dans le drame soudain, aussi immérité qu'il soit.
Ce Peuple polonais, cette nation, ce pays couvert de cicatrices, nous donne une fois de plus une leçon : en toute modestie, il se recueille dans le calme, uni par le chagrin et la stupeur, entre soi ; sans jérémiades.
Et nous voulons lui dire, avec humilité et affection, oui, que nous l'aimons ; nous l'aimons comme il est, et que nous souhaitons qu'il reste encore longtemps, et tout simplement, la Pologne.
En tant qu'amateurs d'automobile, de liberté et de sport, nous dédions cet hommage à Robert Kubica, le pilote polonais de chez Renault F1, lequel est pour nous le visage de la Pologne d'aujourd'hui, encore et toujours persévérante, digne, solide et brave.