Le marché automobile européen semble bien parti en ce début 2010, les ventes étant en augmentation de 12,9% exactement par rapport à janvier 2009.
Précisons tout de suite que janvier 2009 annonçait une nette régression par rapport à janvier 2008.
Rappelons également que ces chiffres bruts, cachent des disparités énormes entre acheteurs entre Pays mais aussi au sein même de certains Pays, la France se distinguant avec un taux d'achats de voitures neuves correspondant à 79% par des particuliers vivant de professions épargnées par la crise (la fonction publique), ce qui souligne une inexplicable ségrégation entre acheteurs potentiels vivant du secteur privé et ceux vivant du secteur public.
Ici encore, la France, éternelle donneuse de leçon, s'honorerait en faisant cesser cette ségrégation : et non pas en tirant la fonction publique vers l'état précaire du privé, ou vers les standards roumains.
Car n'oublions pas que sa politique stupidement "auto-phobe" doublée d'une délocalisation permanente de ses usines et ses emplois à l'étranger, outre qu'elle déstabilise la balance commerciale du Pays, mène tout droit à ce phénomène de "roumanisation" des salaires, et notamment dans un des secteurs d'activité jadis parmi les plus porteurs : l'automobile justement.
C'est 1.058.868 autos qui ont été vendues en Europe en janvier 2010, et parmi les Pays en progression on trouve la Grande-Bretagne, l'Italie, l'Espagne et la France.
Ces marchés bénéficient en grande partie des primes à l'achat, ce qui tempère l'observateur averti : si ces mesures permettent de sauver la face, elles restent toutefois artificielles. Par ailleurs, elles concernent des volumes peu rentables (les petites voitures, les "économiques" et les low-coast, ce qui, bien qu'étant mieux que rien, ne garantit pas à des constructeurs plus ou moins aux abois (on a apprit parallèlement que les constructeurs français, Renault et PSA ont tous leur comptes au rouge) un avenir serein.
L'Acea (l'Association des Constructeurs), ne dit rien d'autre en remarquant que "la poursuite d'incitations fiscales par de nombreux Etats européens facilite l'écoulement de la production", et sans ces aides, la régression de janvier 2010 serait de 17,3%.
A quelque chose malheur est bon : on a bien ici la preuve que la politique peut influer sur la santé d'un marché.
Après avoir contribué à sa diabolisation et à son effondrement (bien avant la crise mondiale, la France était caractérisée par un parc roulant très vieux - 8,7 ans d'âge moyen, contre 4,1 en Allemagne, 4,4 en Italie, avec tous les problèmes de sécurité et de pollution que cela implique -, il serait bon que certains Pays reviennent à plus de réalisme, y compris social (un nombre impressionnant de jeunes Français, et désormais de moins jeunes, ne peuvent accéder à une automobile décente, équipée au moins d'ABS).
VOLKSWAGEN EN TÊTE
De par son marché toujours conséquent et sa politique respectueuse du citoyen-automobiliste, ainsi que par une économie mieux partagée dans les faits quotidiens et une qualité produit pérenne car culturelle, l'Allemagne héberge les meilleurs performers du marché.
Ainsi le Groupe Volgswagen (dont l'essentiel de la production est faite "au pays"), s'impose toujours comme leader européen avec 20,6%, ses immatriculations croissant de 11,6% en janvier.
Suit le Groupe PSA (Peugeot-Citroën), dont les petits modèles (inclus ceux fabriqué en Tchéquie avec Toyota) lui permettent de prendre un beau 14% du marché européen, et une progression des immatriculations de 17,8 %.
Renault s'en tire bien également avec une part de marché européen de 10,7%, pour les mêmes raisons que PSA (les petits modèles, principalement produits à l'étranger).
Ford suit en 4ème place du marché européen avec 10,1% de parts de marché, alors que Fiat se place 5ème avec 7,6% (contre 8,4% en 2009, mais les dirigeants restent sereins, la réorganisation du Groupe Fiat-Chrysler le leur permettant).
Suivent, dans le bon wagon des Constructeurs comme Toyota, BMW, Daimler (Mercedes, Smart) et Nissan.