En soit, le clip commandé par la
Sécurité Routière, donc l'
État français, se justifie par le bon sens commun :
personne, à part peut-être quelques fous dangereux (que l'on retrouve au-delà des étiquettes comme "fou du volant"),
ne peut jubiler des conséquences d'un accident de la route.
Au-delà de ce constat qui n'a pas été PENSE par les Enarchistes et autres Sachants de toutes barbes, on en vient, avec un minimum de sens de l'observation, à se demander pourquoi l'information, culpabilisante ou simplement pédagogique, destinée aux masses, continue à faire de la
ségrégation morbide quant aux risques encourus par un citoyen quelconque en particulier et en l'occurrence,
en France.
En effet, la soi-disant "grande-presse"
relaie bêtement (voir
l'Express,
ici les directives d'information du gouvernement, sans s'arrêter une seule seconde sur les motivations réelles de celui-ci. Et en particulier quand ses (nombreux) membres se distinguent par leur droiture toute relative.
Or, quiconque voyageant encore (car tout est fait pour que
le citoyen Français voyage le moins possible de manière autonome,
afin qu'il ne s'instruise pas trop) ne serait-ce qu'en Europe, voit bien que
les Pays les plus modernes se comportent vis-à-vis du trafic routier d'une manière bien plus rationnelle, intelligente et efficace ; mais moins rentable, sans doute (voir
ici).
Car le problème est celui-là :
si la mort n'est pas rentable, "on" ne s'en occupe pas. "On" n'en profite pas. Il n'y a qu'à voir la plupart des
commentaires des internautes de l'Express pour se rendre compte de la puissance de l'aliénation, style "ça nous arrivera à tous" ; que les accidents routiers soit une chose peu rare est une chose ; qu'ils soient en nette régression (en nombre, et en nombre de victimes) constante depuis les années soixante en est une autre ;
une autre chose encore, que le pourcentage de la mort sur route comparée à la mort violente hors route.
Un de nos lecteurs ayant voulu faire
un commentaire sur le site de l'Express s'est vu non seulement censuré mais aussi vertement réprimandé par un e-mail l'informant "que son humour noir est malvenu sur le site" :
l'humour noir en question était qu'il avait fait remarquer qu'il faudrait aussi s'occuper des nombreuses victimes "hors des routes".
Mais l'Express, média bien français, ne peut admettre qu'au-delà des victimes de la route (400 morts par mois, hélas, mais pour un parc roulant de 40 millions de véhicules de toute sorte, dont les vieilles voitures, les véhicules de délinquants autres que routiers, et les très dangereux poids-lourds et autres gros véhicules incompatibles avec les tiers faibles : automobiles classiques et deux-roues)
il y a aussi, dans ce beau Pays donneur de leçons rémunératrices, 3.715 morts (voir
ici)
violentes PAR MOIS hors des routes, dont la plupart pourraient être évitées.
Peut-être avec un
clip de la Sécurité Non Routière ?
Où l'on verrait
un policier annoncer à une femme en pyjama qu'un proche vient d'être assassiné sur la voie publique, ou brûlé dans l'incendie de son appartement, voire défenestré, poignardé, ébouillanté, transpercé par une machine-outil, noyé, pendu, asphyxié, torturé, étouffé, suicidé, piétiné, décapité, éventré et ainsi de suite ; et même pas en voiture ou à moto !
Évidemment, un tel clip ça ferait brouillon dans La Patrie Des Droits De L'Homme.
Mieux vaut, sinon nier, au moins se taire !
Bien sûr, comme dirait l'autre, "ça
ne peut nous arriver à tous" ; mais, et les statistiques - même freinées, dissimulées, détournées - sont têtues : et hélas,
en complément des accidents de la route (où il y aurait encore 2 fois moins de victimes si tout le monde pouvait se payer une voiture moderne, alors que les Français pauvres roulent dans les pires poubelles d'Europe !),
ça peut nous arriver un plus que ceux-ci.