Un accident s'était produit en hiver dernier sur une route secondaire en Ardèche, causant le décès d'une jeune fille après que l'autocar régional dans lequel elle avait pris place, comme d'autres collégiens et lycéens en ces régions rurales, se soit mis sur le flan "sans explication", selon la presse locale.
Sans préjuger de quoi que ce soit sur ce cas précis, mais au vu du nombre croissant d'accidents sur les axes dits secondaires, devenus les axes les plus dangereux de l'Héxagone, un constat saute aux yeux de tout être doué d'un minimum de bon sens : en effet nul n'est besoin d'être issu de Saint-Cyr ni même de l'ENA (qui d'ailleurs n'est pas un gage de bon sens, nous le vivons suffisamment tous les jours), pour se rendre compte que nombre de ces axes sont structurellement obsolètes, négligés et dangereux : routes non balisées - véritables coupes-gorges en hiver lors des transits effectués dans l'obscurité du fait des jours raccourcis (c'était le cas pour l'autocar cité plus haut) -, chaussée systématiquement bosselée voire dégradée, quand ce n'est pas du gravier jeté (sur toute la chaussée) négligemment mais officiellement et stupidement par les services d'entretien, chose unique en Europe et cause de nombreuses chûtes, y compris gravissimes et mortelles, pour nombre de deux roues ou de dérapage, même à vitesse adaptée, d'automobiles.
Ne parlons pas de la signalisation, souvent empirique quand présente. Aucun panneau, par exemple, pour signaler la formation de givre sur la chaussée des PONTS en hiver, bien qu'un Préfet français ait piqué une crise d'autoritarisme pompeux, en menaçant par presse locale béni-oui-oui interposée, de guerre ouverte tous les automobilistes (locaux sans doute), après qu'un terrible accident se soit produit sur un pont (justement probablement gelé, car il faisait -10° ce matin-là).
Nous voyons donc bien là encore les conséquences d'une politique nationale obtuse et absconse menée depuis des décennies. A chaque nouveau gouvernement, un génie est sensé prendre les choses en main, et en effet, en main il (ou elle) les prend, les choses de son prédécesseur, pour mieux les conserver dans leur chloroforme idyllique-étatique.
Les sommes incommensurables que rapporte l'automobile et son usage - dont à peine 3% revient pour les routes et la sécurité - permettraient pourtant un peu plus de considération pour les usagers de la route et un peu plus de respect, sinon de leur vote, du moins de leur vie.
Le pire, c'est qu'il suffit de faire quelques centaines de kilomètres pour voir que c'est possible : la photo illustrant c'est article a été prise sur une route secondaire en Frankishe Schweiz (Allemagne).
On y voit bien un balisage soigné et ENTRETENU qui témoigne de ce respect exorable. Naturellement, les automobilistes allemands ont des associations les représentant dignement, face d'ailleurs à un pouvoir généralement respectueux de l'avis de ses populations fédérales.
De plus, si vous en avez marre de la route secondaire, une autoroute GRATUITE est toujours accessiblement peu éloignée.
En fait, la réponse allemande est simple et efficace, outre que respectueuse, alors que la réponse française (car il y en a quand même une) c'est l'usine à gaz du Tout-Radar-taxeur et de la répression à l'aveugle (certains usagers de la route ayant perdu le contrôle de leur véhicule à cause des situations ubuesques citées plus haut, par exemple le gravier - non-signalé, ou mieux, signalé APRES le début de la surface polluée - ne se sont-ils pas vus infliger, en surprime, un PV pour perte de contrôle du véhicule ? -.
A supposer que ces situations des routes secondaires françaises ne soient pas seulement dues à la gloutonnerie fiscale et/ou à l'incompétence, on a alors l'explication de la schizophrénie nationale générale, se voulant cartésienne mais se révélant ubuesque.
Comme quoi, les tronches favorisées de l'ENA et leurs multiples sous-disciples et imitateurs devraient choisir l'une ou l'autre de ces formes de gestion, mais nous craignons qu'Ubu ait définitivement enterré le bon vieux Descartes, lequel a préféré finir sa vie au royaune du Danemark...