Le nouveau Président de De Tomaso Automobili, Gian Mario Rossignolo, s'exprime : "Avec l'acquisition d'une branche de Pininfarina, De Tomaso devient le second producteur italien d'automobiles"".
Humour ou fanfaronade italiens mis à part, les faits sont que De Tomaso a acheté l'établissement productif de Pininfarina, situé à Grugliasco, dans le Piémont et donc proche de Turin.
De Tomaso a fait partie du Made in Italy des trente glorieuses, avec Fiat, Alfa Romeo, Lancia, Innocenti, Ferrari, Abarth, Maserati, Lamborghini...
Connue pour ses superbes Pantera, la marque de Modène était dans les années '70 / '80 un acteur du miracle à l'italienne, et s'était portée acquéreur des marques Innocenti et Maserati, et des marques motocyclistes Benelli et Moto Guzzi.
Notamment grâce à Innocenti, De Tomaso avait acquis une capacité de production lui permettant d'etre à l'international, et notamment en France, où ses Innocenti Mini et Innocenti De Tomaso (des Mini de chez Austin Morris Rover redessinées et carrossées par Bertone) ont eu plus qu'un succès d'estime.
La suite fut moins glorieuse : alors que toutes les marques italiennes tombaient dans l'escarcelle du géant Fiat (sauf Lamborghini, rachetée par VW-Audi), le Groupe De Tomaso s'est enfoncé, à cause d'une politique fantasque et une conscience de remise en question trop tardive. Les Mini étaient obsolètes, et les mécaniques modernes et fiables d'origine Daihatsu (3 cyl. essence ou mazout) ont été un choix trop tardif. Le groupe est tombé dans l'anonymat, a été dépecé, et même la marque De Tomaso a été cédée.
Maintenant, le nouveau programme industriel, porté par Gian Mario Rossignolo, commence à prendre corps, et trois nouvelles De Tomaso seront présentées lors du Salon de l'Automobile de Genève, en mars 2011.
Une production de 8.000 véhicules annuelle sera alors mise en œuvre, répartie comme suit : 3.000 crossover, 3.000 limousines et 2.000 coupés.
Le nombre de salariés à Grugliasco montera alors à 900 personnes, occupées essentiellement au montage des chassis-coques, de la finition et du vernissage.
Par ailleurs, le travail sera également assuré aux 154 employés du site de production racheté à l'américain Delphi, et situé à Livorno (Livourne, en Ligurie), à environ 250 km de Grugliasco. En ce site, seront assumées les tâches mécaniques et les assemblages des sous-groupes.
De Tomaso Automobili a prévu un investissement de 116 millions d'€ à injecter continûment dans les 4 années à venir.
Ces chiffres et ces ambitions peuvent surprendre dans un Pays comme la France, où l'esprit des PME ou petites entreprises est non seulement incompris mais en plus découragé : la pensée politico-profito-administro-spoliante est trop ancrée pour admettre que la méthode italienne, pourtant consacrée et garante de 80% de la richesse du Pays de par ses capacité productive et d'adaptation (qui permet aussi un bien meilleur partage de la richesse pour la population active), puisse être appliquée, priorité étant laissée aux multi-nationales qui produisent quasi exclusivement à l'étranger. De ce fait, le défi de De Tomaso, impossible dans un Pays sclérosé et aliéné, a toutes les chances de réussir !
Ne reste plus qu'à rêver (tant que les rêves ne font pas l'objet d'une taxe Rêve-Carbone qu'"ils", les Néo-Féodaux, menacent implicitement de pondre un jour ou l'autre) qu'à ce que De Tomaso puisse refaire une supercar, et pourquoi pas donner vie au superbe projet "Panthera", illustrant cet article, de l'Allemand Stefan Schulze, dont le concept est basé sur la Lamborghini Gallardo, donc V10 et 4 roues motrices au rendez-vous...