Les policiers sous pression, toujours plus exposés

Les policiers contre la politique du chiffre, inquiets face à la violence radicale, et exposés au suicide



Les policiers sous pression, toujours plus exposés
Les policiers français se sentent dépréciés dans leur mission, et peu considérés. Ils ont manifesté pour exposer leurs doléances (voir ici, Le Nouvel Observateur.)

Nous avons déjà eu à déplorer la politique du chiffre dont un des effets est l'imbécile Tout-radar et ses conséquences aliénantes et anti-démocratiques (voir, par exemple "Conséquences du Tout-rasar" ici, ou "Chasseurs de prime" ici, ou "Victimes sur les routes d'Europe, les vrais chiffres" ici, ou "2 morts dans un véhicule de police" ici, ou "90' Enquêtes... et propagande" ici, ou "Gendarme fauché dans l'Yonne" ici, ou "3.715 morts en dehors des routes" ici, ou encore "Prévention routière : les camions en aspiration, c'est normal, c'est des pro" ici).

Non seulement cette politique incite à l'intolérence envers le clampin moyen (celui dont on recherche tant, par ailleurs, le vote) - d'ailleurs de plus en plus paupérisé -, et souvent avec des moyens disproportionnés (piège organisé, tribunal de police, comme en ex-URSS, garde-à-vue de plus en plus utilisée, amendes, emprisonnement) par rapport aux "crimes" commis (dépassement modéré de la vitesse, par ailleurs arbitrairement décidée au plus bas en vue de piéger les citoyens sur des zones peu ou pas du tout accidentogènes), mais en plus cette politique discrédite la Police et la Gendarmerie, justement au moment où plus que jamais leur présence est nécessaire pour lutter contre une violence de plus en plus sans limite, et de plus en plus souvent politisée (par des mouvements religieux sectaires, par des mouvements politiques extrémistes, bruns, rouges, verts ou autres) qui utilisent des méthodes de harcèlement (voiture brûlée + caillassage des pompiers + caillassages ou tirs sur les policiers) et ce, quotidiennement, et en centaines d'exemplaires.

Tout se passe comme si le réel était nié - ainsi que le peuple - par les castes privilégiées dominantes.
Du coup, la situation commence à ressembler, de plus en plus et même très souvent dans certains quartiers, à une scène que nous avons vécue jadis au Kurdistan turc, dans une grande ville : alors que le soir résonnaient des explosions et des rafales d'AK 47 au loin, que des hélicoptères de l'armée survolaient à basse altitude la ville, que les consulats, lieux publics, hôtels étaient gardés par des gendarmes en tenue de combat, un brave policier mettait des PV à quelques autos peut-être mal garées (on ne pouvait savoir, tant le désordre régnait dans les rues...) : cette scène surréaliste serait inimaginable en France nous dira-t-on ; mais qui dirait ça, étant donné que ne s'expriment que les autorisés à s'exprimer ? Tout juste : un des Sachants, les polymates de leur propre culture viciée et nombriliste.

Il y a des choses qui décidément sont endémiques à la France, donneuse de leçons immodérée : que des policiers manifestent (et même des gendarmes dans le passé) peut se voir, et se comprendre, en Palestine par exemple. Mais en France - naine qui idolâtre et hait en même temps les Etats-Unis, plutôt que déjà avoir la modestie de s'inspirer de ce qui se fait de mieux parmi les Pays équivalents d'Europe -, ça situe simplement un degré de plus de la déliquescence de l'Etat dans ses devoirs régaliens, alors qu'il se mêle en permanence de ce qui relève du privé. Inclues les officines et autres agences de sécurité, de plus en plus paramilitaires si on en juge par ce qui gravite sur certains théâtres de combat à l'étranger. Pour faire comme les Américains, sans doute...

Une police mieux considérée, mieux rémunérée, mieux formée (à quand une vraie Police de la Route, avec moyens conséquents et une culture de la protection AVANT TOUT des citoyens, priorité fixée sur les VRAIS dangers - voir nos articles dans la rubrique Glasnost et dans la rubrique Real Security - totalité du Code de la Route appliquée sans tomber dans le grotesque des pièges dignes d'une armée mexicaine ?), une police donc respectée, ne pourrait-être qu'une preuve dans l'avancée démocratique dont la France a BESOIN.

La France est vice-championne du monde des suicides (12.000 morts par an - plus que le double que sur la route -, 195.000 tentatives dont des milliers entraînant des handicaps lourds) : le fait que la Police soit effectivement parmi les catégories les plus touchées est un signe majeur malsain, et même un analphabète comme Gengis Khan aurait compris cela, alors que nos Sachants et autres énarchistes, non.

Vendredi 4 Décembre 2009
Cléoma Bissonnette

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