Suite à certains
constats, nous avions envisagé - dans le cadre de la poursuite de notre
étude Conséquences du Tout-radar de 2009 -, un reportage sur les joies de la pratique de la route à la française. Au minimum, nous avons été servis !
Nous avons décidé, au volant d'une voiture banale - un petit monospace -, de tester
un des trajets les plus périlleux d'Europe, reliant la
Vallée du Rhône à
Paris, via
Moulins, ou vice-versa.
Nous nous sommes mis dans la peau du citoyen-automobiliste européen lambda, estimant se déplacer dans un pays libre - où les voies publiques sont à usage gratuit -, sans être CONTRAINT de prendre l'autoroute, payante en France.
La seule existante d'ailleurs entre la Vallée du Rhône et Paris fait un détour de plus de 120 kilomètres, passant par
Dijon !
Le constat est affligeant : départ de (38)
Vienne à 23h00 le 16 Août, arrivée à
Saint-Cloud à 14h30 le 17 !
Au menu : radars à profusion, dont certains véritables pièges périlleux, limitations variant incessamment et imbécilement, sans la moindre logique - qui laisserait n'importe quel expert de l'organisation routière allemande ou américaine plus que perplexe -, sémaphores fantaisistes (8 minutes d'arrêt, à 1h45 du matin au feu rouge de (42)
Feurs, direction Roanne : les riverains doivent être contents, les redémarrages polluant à peine...).
Bref, la conduite coulée, fluide, économique et avec stress minimum est complètement bannie !
Passons sur les détails franchouillards habituels (allant des
travaux non signalés, les
encombrements pour cause de touriste en tracto-pelle, aux hilarants
panneaux "Trous en formation" ou le moins drôle - pour les parebrises et les motards -
épandage de gravier sur la chaussée, en passant par les bords de route MAL ou
PAS balisés - leçons à prendre des démocraties voisines :
Italie,
Suisse,
Allemagne !).
Et arrivons à l'aspect de la sécurité du citoyen, complètement oublié par la politique du Tout-radar. Nous avons vécu - pour vous, pourrions prétendre, alors que vous-même devez le vivre très souvent - l'épisode suivant.
Toujours direction Paris, entre Moulins et
Nevers, nous étions, de nuit, vers 6h00 du matin, sur une portion à trois voies, dont celle centrale neutralisée (bandes blanches, surface de la voie striée). Comme pour tout le parcours, nous respectons scrupuleusement la vitesse.
Alors à 88 km/h à notre compteur, nous voyons dans nos rétroviseurs
des phares se rapprocher rapidement.
Nous pensons que le véhicule ralentira en s'approchant de nous, ou, comme cela se voit (et, compte-tenu de certaines limitations incohérentes et tirées au sort - ce qui n'était en l'occurrence pas le cas ici - peut se comprendre), ou nous doublera, malgré la bande blanche.
Mais non, le véhicule s'approche
en nous mettant pleins phares (très éblouissants car sans doute avec ampoules non-conformes, réservée à la compétition). Surpris, nous décélérons légèrement.
Au ras de notre pare-choc arrière, le "conducteur" de
ce véhicule se met alors à nous klaxonner (nous comprenons avec terreur qu'il s'agit d'un camion, d'un très gros camion) et dans la foulée déboite violemment,
nous double en nous frôlant - nous sommes alors quasi dans le bas-côté, les roues droites dans l'herbe, debout sur les freins (merci l'ABS !) et tentant de tenir notre petit monospace en ligne - et
se rabat au ras de notre museau. Le tout à 100 km/h !
Pendant ce temps, un autre camion, similaire, s'est rapproché ; mais lui, se tient normalement, bien que nous comprenons qu'il soient ensemble. Nous accélérons pour rattraper le
tueur, pour déchiffrer sa plaque :
nous sommes alors radarisables ; d'ailleurs, un radar nous freine, avant Magny-Cours, dans notre chasse . Nous parvenons finalement à nous rapprocher suffisamment du monstre pour lire sa plaque (lui, croyant que nous voulons le doubler,
se déporte complètement à gauche, provoquant l'angoisse des usagers venant en sens inverse, qui font des appels de phare désespérés...) ; ayant sa plaque, nous nous arrêtons dans un village et attendons le passage du deuxième camion pour noter son numéro de plaque (il est sensé être témoin). Ces deux camions, immatriculés 59, filent vers le nord...
Ils traversent donc la France de cette MANIÈRE !
Nous nous rendons ensuite à
Magny-Cours ; on nous y apprend qu'
il n'y a pas de Gendarmerie (!). La plus proche est au sud, à 25 km, à
Saint-Pierre-de-Moutiers. En nous y rendant, nous passons devant le lieu, dit
La Grande Chaumière, où nous avons failli,
assassinés, finir notre vie (oui, l'automobile tue ! A part ça, merci la technologie moderne - pneus, ABS, etc -, et heureusement que nous ne somme pas novices :
combien de jeunes, novices, ou d'inhabitués à la route, sont ainsi massacrés ?).
A Saint-Pierre, surprise :
il y a bien une Gendarmerie, mais il n'y a personne. Il est 7h10. Nous ne sommes pas sûr, mais il semble qu'il ne doit y avoir que très rarement du personnel, comme pour les curés de campagne qui vont d'une paroisse à l'autre... Et ceci au bord d'une route terrifiante !
Enfin, il y a quand même un interphone ; aimable, un homme - un Gendarme, supposons-nous, mais sait-on ? - reçoit nos indications et nos interrogations ; il fait une "main-courante" par téléphone, et nous dit que la Gendarmerie va identifier le camion, et, au moins se mettre en contact avec la société propriétaire.
Nous sentons que les moyens sont limités (à l'étranger, dans un cas similaire, il y a une dizaine d'année, nous étions tombés sur une patrouille de
Police de la Route, des
Carabinniers en
Alfa Romeo moins de 15 mn après avoir été volés : nous prenant avec eux, nous repérions rapidement les malfrats que les Carabiniers arrêtaient dans les formes, pistolet-mitrailleur à la main...), et que
ce gendarme, quelque part en France - ou délocalisé en Afrique, en Chine, en Israel ? -
derrière sont téléphone aurait aimé proposer mieux...
Mais voilà, en France,
la "justice" fat la loi, le témoignage d'une victime ne compte pas, et l'assassin potentiel peut encore se régaler pendant encore 500 km, celui-ci allant manifestement vers le département 59.
Sidéré par cette aventure, et cette fois accompagnés par des amis - car bien sûr, une potentielle victime est forcément paranoïaque ! -, de retour de Paris nous faisons le trajet en sens inverse.
Mêmes constats sur le contexte de la sécurité à la franchouillarde, bien sûr.
Et ce test :
- nous nous arrêtons,
car, direction
Roanne et
Vichy,
suivis et dépassés par des camions en permanence - alors que nous roulons à 90 km/h -, sur un dégagement en bord de route (à 10 mètres du bord de chaussée, il vaut mieux...) ;
-
et là, le spectacle commence : des camions, tout le temps des camions (il est 2h15 du matin), des files, des esseulés, passent en trombe. Ici, la portion de route est à deux fois 2 voies (une route à été ajoutée en parallèle à la route initiale, formule intelligente rarissime en France).
Certains sont pleins phares (avec des
rampes de 8 phares, interdites, sur le toit !). En une demi-heure, nous remarquons que la quasi-totalité des camions sont français. La portion est limitée à 110 km/h (ce qui est déjà très vite pour des 40 tonnes !), mais nous en avons chronométrés
à plus de 130 km/h (133 pour un bahut immatriculé dans le 69 !).
Comment des monstres pareils peuvent-ils aller aussi vite ? Et pourquoi tolère-t-on ce phénomène ? A qui ça rapporte ?
Pourquoi sont-ils dispensés de radars, outil qui pour une fois aurait une vraie utilité ?
-
clou du spectacle (hélas, nous n'avions pas notre caméra sous la main) ; une meute s'approche :
6 camions, 3 sur la file de droite, 3 sur la file de gauche, au coude-à-coude (le premier à gauche à hauteur du premier à droite) et gueule dans cul (cabine du deuxième à 2 mètres de la remorque du premier, et ainsi de suite) :
ce cauchemar nous passe sous le nez à 120 km/h minimum : même à 10 mètres du bord de route, le déplacement d'air nous a défrisés !
Impliqués - si on inclue les petits camions et camionnettes -
dans un tiers des accidents mortels en France (les camions représentent 3,6% du parc roulant français, mais sont aussi impliqués, dans les lieux les plus sûrs - les autoroutes - dans 18% des accidents mortels autoroutiers), les camions sont devenus un problème majeur sur les routes et autoroutes françaises.
Leurs premières victimes sont bien sûr les tiers faibles : motos et autos.
Pour autant,
c'est ces usagers-là qui sont stigmatisés et pourchassés.
Par des gens qui vivent hors de la population. Qui peuvent se payer TGV et avions. Inclus les juges, les procureurs, les préfets qui, comme les gendarmes et policiers - mais pour d'autres raisons -,
sont totalement absents des routes françaises.
Aucune présence policière entre Paris et Vienne, aucune patrouille. Pas de Police de la Route, formée, équipée et respectable, comme dans les démocraties, les plus voisines par exemple.
D'où le grand
n'importe quoi sur les routes françaises :
il est démontré ici qu'un conducteur scrupuleux est une proie potentielle à tous les excès : de
l'habituel éblouissement (curieusement, et comparativement à d'autres peuples, certains Français n'ont jamais su à quoi sert le commodo code/phares ou même à quoi servent les antibrouillard sans le brouillard...),
à la tentative de meurtre sur sa personne et celle de ses passagers - lesquels, par définition, sont plus qu'innocents -
par arme par destination (les camions et autres camionnettes ou 4x4), en passant bien sûr par la
punition ubuesque/radaresque (à noter que lors du deuxième trajet nous avons été "collés" plusieurs fois par des bahuts, même si ceux-ci ne sont pas passés à l'acte ; et curieusement,
alors que des radars étaient annoncés...).
L'été 2010 s'est déjà montré amplement meurtrier : en pleins départs de vacance, des gens ont
perdu leur vie sous des camions lors d'horribles accidents (disons accidents...) ; à
Lyon, à
Aix-en-Provence - voir
ici TF1.news, ou quelques jours plus tard près de
Montpellier où 4 personnes, dont 2 enfants, ont été massacrés par des poids-lourds.
Le problème est triple :
-
une politique irresponsable et obtuse à laissé se répandre un trafic anarchique, par complaisance face aux lobbys des transporteurs ; le refus (comparé à l'
Autriche, l'Allemagne, la Suisse, l'Italie)
a transformé les routes (nous ne parlons même pas d'autoroutes ici ; c'est un autre sujet sur lequel nous reviendrons, à propos de l'arnaque des péages sur le dos du citoyen-contribuable)
en un gigantesque jeu de quille où le poids-lourd - nous ne parlons pas de son chauffeur - est toujours gagnant ;
-
l'aliénation de la population (qui désormais
croit que seule la voiture peut tuer, alors qu'ils y a dix fois plus de morts accidentelles hors route -
3.715 mensuelles ! -) fait qu'
elle croit être à l'abri partout ailleurs, en toute circonstance, ce qui se traduit par un sentiment de fausse sécurité partout dans la vie (d'où donc les 3.715 morts évitables qui se produisent hors route) et se transforme par une impression de sécurité au volant si on respecte scrupuleusement les vitesses - puisque seule, "la vitesse tue" - ; alors que parfois, une accélération, une initiative, peut sauver la vie ;
-
le sentiment de supériorité et d'impunité de certains conducteurs de gros véhicules. Ce sentiment conduit certains, toujours plus nombreux, à se comporter en
redresseurs de tords assassins : être sur leur chemin est un péché qui doit être sanctionné. Par la mort, s'il le faut...
Sur ce troisième point, si la France était gouvernée d'une manière sensée, un bienfait serait d'introduire, dans le cadre des visites obligatoires pour les chauffeurs de poids-lourd - qui se disent professionnels -,
un test psychiatrique pour mesurer leur potentiel en troubles psychotiques latent, voire
pour déceler et mettre hors circuit les psychopathes. Après tout, on évalue un policier avant de lui confier une arme létale, non ? Et eux aussi sont professionnels.
C'est en effet bien beau de gesticuler contre des usagers faibles (les motards), en les verbalisant à tout va, ou encore les tireurs de caravane,
mais la vie de dizaines de personnes est en danger sur les routes françaises.
Et
la cause est identifiée (et depuis longtemps, même si c'est
tabou) : or, dans le cadre de la politique spectacle, il y a encore peu,
tel préfet ne se vantait-il pas, dans sa "chasse aux chauffards", comme il dit (comme on dirait "politicards", parlant des politiques, ou des "fonctionnards" parlant des fonctionnaires sous prétexte que certains fonctionnent mal), se pavanant au bord d'une route déserte à 3 heures de l'après-midi devant la presse, en affirmant que "si j'ai sauvé au moins une vie, j'aurais été utile" ?