Notre excellent confrère
Le Figaro cite Madame
Lagarde, ci-devant Ministre de l'Économie (et, mais oui mais oui, aussi de l'Emploi), laquelle trouve que la situation du chômage en France est "moins mauvaise".
Il est clair - sauf pour Le Figaro, mais aussi
Le Monde, et ainsi de suite -
que près de 5 millions de chômeurs, c'est moins mauvais que s'ils y en avait 10 millions (mais, au fait, c'est vrai : on ne licencie pas, dans l'Administration française de leurs lecteurs).
Cependant, sur un potentiel théorique d'à peine 10 millions d'emplois productifs (industrie et services),
ça fait tout de même énorme. Mais passons.
Le problème que nous voulons soulever est celui de cette franniaiserie institutionnelle qui consiste à occulter la réalité par des termes aliénants, choisis en ce but.
Ainsi, la France est le seul pays soit-disant démocratique (
où une démocratie sociale serait respectée) où l'on va dire par exemple
"jeune gens" au lieu de
voyou quand il s'agit d'évoquer les exploits d'un malfaisant, ou
"gens du voyage" pour ne pas dire
nomade, comme si la désignation d'un mode de vie était vexatoire, ou encore
"forcené" pour désigner un type pétant les plombs, car étant souvent un
désespéré suite souvent à un drame social qu'il vaut mieux ne pas connaître pour ne pas avoir à le combattre.
Un peu comme on occulte le vice-record du monde français des suicides (12.000 morts par an)
ou le sinistre chiffre de plus de 44.000 morts violentes par an en France, pour mieux focaliser (pour des raisons de rentabilité) sur
les dix fois moins meurtriers accidents de la route (dont il est vrai beaucoup pour être évités grâce à une politique basée sur celle des meilleurs élèves d'Europe, comme l'Allemagne par exemple).
L'idiotisme du Franniais institutionnel déferle alors partout, et va jusqu'à pousser ses nombreux partisans dans les médias à désigner comme étant
"une impression de froid" quand on se gèle les meules, sans doute pour ne pas avoir à se contredire sur le "réchauffement" de la planète. Il y a aussi d'ailleurs l'inénarrable expression
"d'impression de beau temps" !..
Alors, pourquoi s'étonner qu'ensuite des propos clairement exprimés, comme ceux d'Eric Zemmour, ne soient pas compris par les malcomprenants, ou plus exactement par ceux qui feignent d'avoir compris autre chose pour défendre leur bifteck politisant ?
En effet,
"Qui aime bien, châtie bien", et
il est clairement criminel (dans le sens que l'on crée volontairement des clivages pour diviser et dominer, quitte à mener les gens à l'affrontement, car
partout où on ne peut plus s'exprimer n'existe plus le droit démocratique - celui de ne pas être d'accord avec tout le monde, mais de laisser parler celui avec qui on est pas d'accord, comme on savait le faire au temps des Lumières, de Voltaire -)
d'imposer un couvre-feu juridique concernant la désignation d'évidences par les mots adéquats : en fait d'adéquation,
on n'obtient que celle de l'entretien des maux qu'on se refuse à désigner.
Il est vrai qu'une fois désignés,
il faudrait une volonté pour lutter et guider, en visant le bien du plus grand nombre (y compris, dans le cas des propos de Zemmour, de ceux qui portent si grand tord à l'image de leur propre "communauté" et donc d'une majorité de personnes qui ne demandent rien d'autre qu'à vivre tranquille, même si rien n'est fait pour qu'une majorité de gens puissent "vivre tranquille" en France, le et les pouvoirs étant ce qu'il sont).
Mais, au fait,
pourquoi cette volonté politique, initiée par les bo-beaufs-sachant-tout mais n'ayant jamais vécu les réalités ?
La réponse parait trop simple : elle est due -
cette volonté d'absence de volonté - à la
totale déconnexion de la partie élitiste (élite héritière professionnelle, d'ailleurs, dans 99% des cas)
de la réalité vécue dans une pseudo-démocratie dont le verticalisme n'est rien d'autre qu'
un néo-féodalisme aux antipodes des notions sociales, vues par exemple par un
De Gaulle.
La réponse semble certes trop simple, mais
la vérité est rarement compliquée : c'est pourquoi elle est tant honnie, c'est pourquoi elle est tant niée et/ou dissimulée, et c'est pourquoi elle est si ingénieusement travestie dans le but de l'aliénation protectrice du plus grand nombre.
Au sujet du chômage et de l'économie (tout en se rappelant que la même ministre
reproche à l'Allemagne de trop exporter, alors même que
la France arrive même à s'auto-importer sa propre production qu'elle fait faire à l'étranger !, merci pour la balance commerciale...), dire, par exemple "les chiffres du chômage sont toujours très mauvais",
aurait paru moins bête : même si c'est la vérité.
Et du coup, comme ça va toujours mieux en le disant, il serait encore plus clair que la paupérisation et l'absence de pouvoir d'achat de millions de personne est un frein monumental à l'économie de la France.