La France, si prompte à s'acharner sur les plus faibles des Français (expulsions, privations d'indemnités aux malades, prison préventive pendant des mois ou années pour faits mineurs voire erronés, flicage du petit peuple - la "populace" comme ils disent dans les cercles auto-autorisés, où nous même avons parfois atterris accidentellement lors d'anciens postes commerciaux - et des automobilistes, sympathie judiciaire vers les puissants et les banques poursuivant des paupérisés, etc...) devrait mettre un mouchoir sur sa fierté disproportionnée et souvent pathétique, et accepter le fait que des démocraties pourraient l'inspirer.
Bien sûr, ce n'est pas dans sa culture ni dans sa perception du monde, elle qui se définit comme la donneuse de leçon universelle (tout en muselant, ou tentant de museler, ceux qui amélioreraient le débat par leur non alignement sur la pensée unique et son média multiforme Béni-oui-oui), mais la France, protectrice de terroristes (les nazis rouges, surtout) recherchés par un Pays ami (jusqu'à ce qu'enfin, un Président, un homme, Jacques Chirac, ne prenne un peu les choses en main en 2004), devrait battre sa coulpe devant l'attitude de la Justice brésilienne qui a décidé de juger favorablement la demande d'extradition vers l'Italie, de Cesare Battisti, condamné par contumace pour quatre meurtres (dont un officier de Police), et qui a préféré fuir que d'affronter les juges de son Pays.
Cet homme, réfugié depuis 2004 au Brésil (justement après que le Président Chirac s'est inquiété des protections précédemment accordées, certains terroristes italiens étant même employés dans des administrations françaises, peut-être même celles qui expulsent !) a souvent affronté les journalistes italiens, français ou brésiliens de façon narquoise.
C'était l'attitude d'un homme qui se sent soutenu, protégé ; mais les complicités avec le KGB disparu ne sont plus ce qu'elles étaient, il se sent désormais trahi, le monde est en train de changer - sauf pour les bo-beaufs milliardaires gauchisants-pour-se-donner-bonne-conscience-d'être-nés-avec-cueiller-d'argent-dans-la-bouche, telles quelques chanteuses-comédiennes-desperates ou cinéastes charnels - et désormais il ne reste qu'un seul homme pour empêcher la Justice italienne d'exiger des comptes sur la mort de quatre de ses citoyens ; cet homme, c'est un humaniste, Ignacio Lulla da Silva, le Président du Brésil ; aussi humaniste soit-il, et peut-être enfin finalement pour ça, il devra définir avec sa conscience, si remettre un fugitif a une grande démocratie, est aussi démocatique que l'attitude de la Justice de son Pays.