Renault F1 : un patron de Genii

Il s'intéresse aussi à la sécurité de tous les jours

Gérard Lopez, une autre idée de l'entreprise et de la vie



Renault F1 : un patron de Genii
Il y a moins d'un an, personne ne donnait très cher de la peau de l'écurie de Formule 1 de la marque française.

En effet, alors confiée à un célèbre comédien-people que pudiquement la presse qualifiait de flamboyant, cette écurie allait droit dans le mur : celui de Singapour 2008. C'était la triste histoire du Crashgate suivie de ses conséquences sportives et judiciaires.

Une de ces conséquences a été la décision de Renault-Nissan et de son président, Carlos Ghosn, de - plutôt que de fuir lâchement le monde de la compétition après l'échec de ses fantasques subordonnés - redéfinir une nouvelle forme de participation, en confiant la gestion de son équipe à une société... de gestion : Genii Capital, laquelle s'est portée acquéreur d'une partie du capital de Renault F1.

Une nouvelle approche qui risque de devenir l'exemple à suivre en F1 ou en sport de haut niveau, tant le redressement de l'écurie Renault F1 et de son image, en seulement quelques mois, est spectaculaire.

Il est trop tôt pour affirmer que la formule est la panacée ; par contre, une telle formule entre les mains d'un personnage comme Gérard Lopez, patron de Genii Capital, oui.

En effet, Gérard Lopez, luxembourgeois créateur de nombreuses entreprises d'ailleurs éloignées du monde exclusif - et autarcique ! - de la F1, a la qualité, sans doute rare, de s'intéresser à tout, et, apparemment, de s'inspirer modestement de ce qu'il apprend pour mettre en œuvre les politiques adaptées à ses initiatives tout en gardant les pieds sur terre. Pas de culture de l'apparence et de l'extravagance avec lui : seulement du réalisme. Et c'est déjà beaucoup. C'est même énorme.

En fait, rapporté au monde de tous les jours, ça donne ceci, extrait d'une interview accordée à notre confrère Auto-Hebdo, le 21 juillet dernier :

à une question d'Auto-Hebdo :
"L'automobile est devenue politiquement incorrecte en France, et le sport automobile diabolisé en France. Quel avenir lui prédisez-vous ?"

réponse de Gérard Lopez :
"Cette mentalité est regrettable, j'en suis malheureux, comme tout amoureux de l'automobile. J'aime les belles voitures, que'elles soient anciennes, modernes, de course ou pas ! J'ai vu arriver les premières voitures au fin fond de la Galice, pour des gens émerveillés de pouvoir aller à la ville, à la mer, voir la famille...
Outil de déplacement, de liberté, de plaisir, diabolisé pour quelques raisons simples. La vitesse tue. Oui, elle tue. Mais n'y a-t-il pas des choses qui tuent plus et plus souvent et dont les gouvernements ne veulent pas parler ? L'alcool et les drogues tuent également, en voiture. Elle n'y est pour rien.

La pollution ? Oui, c'est un problème et il est logique de s'y intéresser, mais en prenant des mesures efficaces et concrètes. Ce n'est pas en faisant payer des taxes que l'on diminuera la production de carbone. C'est en adoptant de nouvelles technologies, en faisant évoluer la motorisation automobile. La file, parfois la double file de poids lourds qui traverse la France du nord au sud ou d'est en ouest n'est-elle pas plus polluante que l'automobile ? Malheureusement, les mesures à prendre réclameraient de lourdes remises en question d'infrastructures et coûteraient de l'argent au lieu d'en rapporter...

L'automobile est facile à attaquer. Produit de grande consommation, indispensable, facile à taxer, facile à piéger avec un radar... On a un trou dans le budget ? Tiens, que peut-on tirer de plus de l'automobile ? Excellente source de revenus. Au bout du compte, les gens s'en détournent, même inconsciemment."

Cette réponse, pleine de lucidité et de respect envers les citoyens les moins aisés - qui ont droit eux aussi à se déplacer -, correspond bien sûr à notre état d'esprit. Renault, et Renault F1 remontent d'autant dans notre estime !

La lucidité de Gérard Lopez - qui réussit là où les fonctionnaires-avocats-politiciens qui nous dirigent ne comprennent rien, et qu'ils ne pourront donc même pas traiter de "populiste") nous donne du baume au cœur :

- la liberté qu'apporte l'automobile, surtout pour les moins favorisés, nous la défendons à 110% ;
- le mensonge sur la sécurité, nous le contestons (alors que les médias Béniouioui relayent mensuellement le chiffre morbide des accidents de la route, 300 morts/par mois, nous sommes les seuls à dénoncer l'existence de 3.715 morts mensuelles évitables par mois !) ;
- le hold-up fiscal et la stigmatisation de l'automobile polluante, nous les dénonçons, d'autant que la France contraint ses constructeurs (d'ailleurs obligés de délocaliser !) à la motorisation au mazout, alors que l'essence émets 1.000 fois moins de particules dans l'air - les particules sont en effet la seule pollution, d'ailleurs dangereuse aussi au sol pour les deux-roues, l'histoire du CO2 étant à rapporter aux tabous liés à la surpopulation mondiale ;
- et nous ajoutons que la perte de centaines de milliers d'emplois, l'effondrement du marché de l'automobile et de l'entretien, le renfort du déficit de la balance commerciale de la France, l'engorgement stérile des tribunaux, la disparition d'entreprises et de savoir-faire, la fuite d'évènements comme le GP de France de Formule 1, la défiance de la population envers ses "élites", tout cela sont les conséquences, directes et indirectes, de la politique ubuesque, incompétente et crapuleuse mise en place depuis 10 ans.


Nous ne comptons évidemment sur aucun sursaut réaliste chez les tenants patentés de cette pensée crapuleuse - tournée contre la population en général, et les usagers de la route en particulier, tous haïs -, surtout ceux au pouvoir, ou l'ayant été ou voulant y accéder, et nous n'espérons évidemment aucune lucidité de ce genre à quel niveau que ce soit dans les partis politiques - et leurs relais médiatiques Béniouioui - où règne en maîtresse absolue la démagogie la plus immédiatement rentable.
D'un point de vue psychiatrique, on peut seulement se demander pourquoi des dizaines de millions de personnes se soumettent à quelques milliers d'adhérents de telle secte, pardon, tel parti, ou tel autre...

Par contre nous sommes sans nouvelles de la Fédération Internationale de l'Automobile, la pourtant célèbre FIA, sur ces sujets : n'est-elle pas censée, outre de que superviser l'organisation de championnats de compétition automobile, représenter EGALEMENT les automobilistes ?

Le président de cette fédération est actuellement un Français, Jean Todd.
De réputation intègre et fin observateur, apparemment très sensible aux questions de sécurité et d'environnement (le président de la FFSA, la fédération française, Nicolas Deschaux, n'a-t-il pas mis à bas les attaques contre le sport auto en démontrant que le tennis à Rolland-Garros pollue bien plus que le GP de Pau ?), on imaginerait volontiers de sa part une intervention, même symbolique - comme un communiqué - concernant l'état de l'automobile en Europe et en France - la France, et ses mauvais exemples, sanctionnée par une place minable au niveau européen, loin derrière l'Allemagne...
Il doit connaître à quel destin est soumis l'usager de la route en France : l'automobiliste, sur les routes "ex-nationales" est littéralement traqué, et par les radars, et par les jumelles-radars style Guardia Civil franquiste, et par les terroristes en poids-lourds qui lui collent au raz du pare-choc arrière "parce que ce crétin respecte les limitations !", et enfin, par les racailles et autres bandits de grand chemin, prédateurs (et là, même AU BORD de la route) la police -en sous-effectif organisé - ne pouvant être à la fois au radar et au moulin !

Pauvre, pauvre auto !
Pauvre, pauvre automobiliste français, avec sa carte d'électeur à points...


Dimanche 22 Août 2010
Cléoma Bissonnette

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