Citroën, l'ex-vilain petit canard de l'industrie française (à l'époque de la gestion catastrophique de son patrimoine et de son image de marque, sabotée au sein de
PSA à l'époque
peu glorieuse des sous-Peugeot qu'étaient les malheureuses productions au chevron et de l'autre marque maudite
Talbot-Chrysler-Simca) récolte les fruits d'une politique intelligente et inspirée, à l'oeuvre depuis quelques années au sein du premier (et seul) groupe automobile français indépendant.
Et Citroën est maintenant devenu premier,
devant Renault (voir
ici notre confrère
Boursier.com). Une première.
L'arrogance affichée de Renault, que ce soit jadis par un "maestro" se prenant pour un concepteur dont l'inbuvable
Vel Satis fut la dernière victime ou plus récemment par des dirigeants se la jouant "Guerre Froide" (alors qu'eux mêmes ont déporté "leurs" - en fait une partie appartient au peuple français - chaînes de montage chez les supposés ennemis asiatiques, lesquels d'ailleurs doivent être morts de trouille qu'on leur refile la Vel Satis !) ou encore par le traitement du personnel un moment suicidaire, se voit peut-être là sanctionnée.
C'est dommage, ça aurait pu être évité : de brillants esprits, en effet, sont pourtant au volant. Seulement voilà, l'arrogance - perçue comme telle peut-être à tort, mais perçue quand même -, ça ne doit pas s'appuyer sur certaines choses. Sur une fiabilité toujours perfectible par rapport aux concurrents allemands, japonais ou coréens ; sur une présentation et une finition inférieure, à prix égal ou supérieur aux rivales de ces producteurs-là ; sur un design toujours aussi instable, souvent déroutant, peu valorisant ; sur une tradition d'appui étatique et politique ; sur une image "made in France" plus crédible même par les plus franchouillards depuis que
tout le monde sait que ces voitures sont faites en Turquie, en Slovénie, en Corée... - même si les concurrents font pareil, sans toutefois agiter le drapeau "fais travailler ton camarade français". Alors voilà, le résultat est là : dans le monde entier, selon une étude,
Renault a une piètre image. C'est dommage,
quelques modèles ne la méritent pas, comme la brave Clio slovène ou la Mégane turque.
Ce qu'il faudrait, ou aurait fallu faire, c'est faire comme Citroën, mais en fabriquant tout en France, histoire de justifier la participation de l'Etat et faire travailler en France.
Ou alors se transformer définitivement en
distributeur de bonnes voitures. Des coréennes ou des japonaises. Des
Samsung ou des
Nissan, peut-être...