Après avoir mis 1 Français sur 100 en garde-à-vue, en 2009, le gouvernement semble parti pour une guerre de tranchée durable contre le peuple.
Répondant à un besoin de sécurité des Français contre la délinquance, l'État et ses serviteurs ont
répondu cyniquement en punissant sévèrement le citoyen (automobiliste, internaute, paupérisé, laissés-pour-compte, etc...), et le gouvernement s'apprête à une guerre totale contre son peuple, qu'il n'aime pas, et qu'il souhaiterait, apparemment, dissoudre.
Sinon, comment définir un pouvoir qui considère le peuple qui l'a élu comme étant jugé à priori (puisqu'il est prédélictualisé d'office) et comme étant fondamentalement délinquant ? Est-ce selon ce critère qu'il se sent lui-même représentatif ?
Dans une structure féodalo-verticale, les gesticulations au sommet sont toujours inquiétantes ; c'est toujours signe de mépris, ou de peur. Ou des deux.
Ce qu'il y a d'inquiétant dans certains aspects de la loi LOPPSI, c'est qu'elle inclut des pratiques nauséeuses.
La
spoliation de biens (véhicules, ordinateurs) est inadmissible en démocratie, comme la pression autoritaire et la torture, inclue psychologique : c'est contre cela que nombre de Français, et d'alliés, se sont battus, notamment dans les années quarante du siècle passé !
Hélas, le temps n'a aucune prise sur certains réflexes, et le Pays des Lumières - depuis longtemps vacillantes - devrait se réveiller : il va de plus en plus mal, ne sait plus qui il est.
Et nous ne savons pas QUI nous dirige : on ne sait décidément jamais à qui on a à faire, alors qu'
eux savent tout, et plus que nous en savons nous-même sur nous, compte-tenu de leurs interprétations plausibles.
Sans trop d'illusions, nous exprimons notre inquiétude ; sans trop d'illusions, car les Français, de la France d'en-bas - en contrepoint de la France spéculative - ont déjà tellement perdu !
Nous relayons ci-après la prise de position de la courageuse
FFMC, et soutenons son point de vue, comme celui de toutes les associations et défenseurs (comme ici notre confrère
Moto Station des libertés définies selon les critères compréhensibles d'une démocratie basique (encore) possible.
Avant le communiqué de la FFMC ci-dessous, une remarque : longtemps, il a été considéré que s'inscrire à une association ou un club était superflu ; les temps ont changé : "ILS" ne s'en cachent pas. Bien sûr, le mépris, et la haine de certains dirigeants contre la population qu'ils disent représenter, offrent peu de prises aux réponses démocratiques, et
concernant l'opposition (qui est AUSSI sensée représenter le peuple),
on n'arrive pas à savoir leur position concernant la défense des
droits du citoyen (y compris quand il est
automobiliste ou motard, d'abord par nécessité due à la structure de la société).
Nous avions fait un sondage, et après avoir prévenu chacun des partis politiques suffisamment représentatifs (
UMP, PS, Modem, FN, Les Verts, PC), et au-delà du résultat,
nous avions été sidérés par l'absence d'intérêt total des partis,
à part le FN qui nous avait fait connaître son opinion favorable concernant le citoyen quand il est automobiliste : il ne soutenait pas une répression aveugle et déplacée.
Il est vrai que le thème de la sécurité est totalement biaisé, et les autres partis ou sympathisants
ont beau jeu, ensuite, de politiser quelque chose qui n'a pas a l'être.
Ou alors, le Code de la Route international, toujours
peu appliqué et manipulé sur des lubbies fixes en France,
a été écrit par des débiles (le plus étonnant alors, c'est de constater que tout se passe au mieux dans nombre de Pays plus modernes,
voir ici).
COMMUNIQUE FFMC
Projet de loi Loppsi : vers une justice mécanisée et déshumanisée
communiqué de presse du 10 février 2010
Alors que le projet de loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (LOPPSI) est actuellement en examen à l’Assemblée nationale, la FFMC, qui avait appelé les motards à manifester leur désapprobation auprès de leurs élus en juillet dernier, réaffirme son opposition aux mesures démagogiques qu’il contient pour satisfaire les associations de victimes.
Une des mesures phare de ce nouveau texte est de rendre obligatoire la peine de confiscation du véhicule pour sanctionner certains délits (conduite sans permis ou malgré une mesure d’interdiction, récidive de conduite sous l’influence de l’alcool ou de stupéfiant, récidive de grand excès de vitesse, homicide ou blessures involontaires). L’usager en infraction, propriétaire de son véhicule, perdrait alors définitivement son moyen de transport au profit de l’Etat. Au-delà de la perte économique que représente une telle sanction, la confiscation est une atteinte grave au droit de propriété qui doit rester exceptionnelle et découler du seul pouvoir souverain d’appréciation des juges, comme cela existe déjà. Au contraire, la Loppsi propose de rendre la peine automatique, en ne laissant au juge que le pouvoir d’y déroger par une décision motivée, réduisant ainsi considérablement le principe constitutionnel de personnalisation des peines, selon lequel « la juridiction prononce les peines et fixe leur régime en fonction des circonstances de l’infraction et de la personnalité de son auteur » (article 132-24 du code pénal). Confisquer automatiquement les véhicules ne rendra pas les routes plus sûres, mais le système répressif plus arbitraire et de plus en plus mal accepté. Plus de 20 000 véhicules pourraient être ainsi confisqués, avec un coût pour l’Etat estimé à plus de 8 millions d’euros, gaspillés en frais de garde, rien que pour les conduites sans permis. Onéreuse et inéquitable, la mesure apparaît aussi totalement inefficace puisque facilement contournable : pour échapper à la sanction, les usagers de la route n’auront qu’à rouler avec un véhicule qui ne leur appartient pas.
De même, l’obligation de conduire, pendant une durée maximale de cinq ans, un véhicule équipé d’un dispositif d’anti-démarrage par éthylotest électronique apparait tout aussi fantaisiste. Au-delà des légitimes questions sur la fiabilité de ces appareils de mesure à moyen terme, on est en droit de s’interroger sur la mise en application d’une telle sanction et surtout des garanties qui l’accompagneront pour s’assurer que c’est bien le conducteur qui satisfera au contrôle avant le démarrage du véhicule.
Enfin, le projet de loi autorise la rétention et la suspension administrative du permis de conduire des conducteurs qui, à la suite d’un accident de la circulation ayant entraîné la mort d’une personne, seraient simplement soupçonnés d’avoir commis une infraction en matière de respect des vitesses, de croisement, de dépassement, d’intersection et de priorités de passages. Ce type d’infraction étant souvent suspecté lors d’un accident, de nombreux usagers risquent ainsi d’être condamnés avant même d’avoir été jugés.
Une fois encore, en automatisant et en radicalisant les sanctions, ce nouveau projet de loi mise uniquement sur la répression pour réduire l’insécurité routière, se bornant à une lecture manichéenne des chiffres, sans même évoquer le volet humain de ces comportements délictuels. Pour la FFMC, seule une meilleure formation des conducteurs permettra de réduire durablement le nombre d’accidents. Elle espère que les élus ne s’y tromperont pas.