TROLLHATTAN, 26/01/2010.
"Nous garantissons !". Ou bien, non.
Les atermoiements du gouvernement suédois, dans le sauvetage de son industrie automobile nationale, continuent.
Après avoir laissé filer son fleuron Volvo - un des rares blasons, au niveau mondial, à prétendre contrer la suprématie des marques allemandes premium, Audi, BMW, Mercedes, et bientôt Volkswagen et Opel) entre les mains du chinois Geely, la Suède, qui jusqu'à présent a donné l'impression de se désintéresser également du sort de l'autre marque nationale, Saab (abandonnée par l'ex-géant américain General Motors qui se bat lui-même pour sa propre survie), hésite encore à donner sa garantie à la Banque Européenne des Investissements sur le montage proposé par Spyker.
Désormais le temps fait défaut : la fermeture de Saab est pour ces jours prochains.
Parallèlement, et curieusement, l'hésitation de l'Etat suédois permet encore une porte ouverte au sauvetage de la marque de Trollhattan, car General Motors d'une part, et le repreneur hollandais Spyker, d'autre part, n'ont aucun intérêt à rompre les discussions à ce niveau.
Sur le papier, l'affaire se présente ainsi : le constructeur artisanal Spyker propose 75 millions de dollars, en disponibilité immédiate, plus 100 millions de $ au conptant, versés dans un second temps en une date déterminée. S'ajouteront 325 millions sous forme d'actions privilégiées.
De son côté, General Motors reste sur ses positions et a demandé que le Président actuel de Spyker, le Russe Alexander Antonov, abandonne son poste et que le gouvernement suédois accorde des garanties économiques pour le financement de l'opération. Ici, il faut se souvenir que le même General Motors n'a pas hésité à vendre des machines outils et des droits commerciaux au chinois SAIC pour la mise en production d'automobiles, ou parties d'automobiles (dont les chassis), en Chine...
Le cas Saab a mis en lumière la situation d'une marque très aimée à travers le monde, au point qu'un collectif, SAVE SAAB, s'est créé.
SAVE SAAB a organisé le Saab Support Convoy, partant de Trollhattan, sous forme d'un convoi composé de centaines d'amateurs au volant de leurs Saab, pour une randonnée à travers le monde
Car l'automobile ne sera jamais un objet comme un autre : elle reste un emblème de liberté dans tous les Pays du monde, même dans les Pays les plus "autophobes" et suicidaires, car l'alternative n'est jamais que répression, privation, restriction, démission pour toujours plus d'efforts abscons (oui, nous sommes polis, nous avons bien écrit "abs"....).