Victimes sur les routes d'Europe : les chiffres

La réalité et les conséquences des diverses politiques routières



Victimes sur les routes d'Europe : les chiffres
Voici ce que les gouvernants français savent mais n'admettent pas et dissimulent, pour raison de rentabilité :

Nombre de morts annuels sur les routes (pour 1 million d'habitants), en 2008 :

Grande-Bretagne : 40,10 (-29,7% par rapport à 2003)
Suède : 45,80 (-22%)
Pays-Bas : 46 (-31%)
Suisse : 48,20 (-34,6%)
Allemagne : 54,30 (-32%)
Finlande : 61,50 (-16%)
Espagne : 64,50 (-47,8%)
Irlande : 68 (-16,7%)
Luxembourg : 70 (-34%)
France : 70,65 (-29,4%)
Danemark : 72,60 (-9,2%)
Portugal : 73,90 (-49,8%)
Belgique : 80,20 (-38%)
Autriche : 82,80 (-27%)
Italie : 84,50 (-18,3%)
Tchéquie : 97,25 (-32%)
Slovénie : 98 (-19%)
Slovaquie : 103 (-13,5%)
Hongrie : 123 (-7%)
Pologne : 140 (-3,8%)
Grèce : 141 (-3%)
Lettonie : 184 (-12%)

(Concernant la Lituanie, l'Estonie, la Roumanie, la Bulgarie, nous n'avons pu nous procurer les données)

CONSTAT :
Les chiffres sont en baisse partout. Comme certains pays n'ont pas de politique routière très définie, ou d'autres ont des politiques routières erronées basées sur le Tout-radar, la conclusion est que ce sont les véhicules eux-mêmes qui sont plus sûrs, les accidents ayant par ailleurs augmentés (comme en France) mais les conséquences globalement moins graves.
La preuve en est que les pays les plus en retard ou les plus dangereux (Tchéquie, Slovénie, Slovaquie, Hongrie, Pologne, Grèce, Lettonie) enregistrent quand même quelques progrès.

ANALYSES :

- la Grande-Bretagne doit ses excellentes performances à son civisme doublé d'une forte répression (qui a atteint voire dépassé ses limites) et surtout à son insularité (elle n'est pas traversée par les convois de camions transcontinentaux) ;

- l'Allemagne est l'exemple parfait de la réussite intelligente : bien que traversé de toute part par les convois transcontinentaux, et par ailleurs au carrefour des plus intenses échanges (car plus puissante économie), ce grand Pays (84 millions d'habitants) réussit un score remarquable ; or c'est un Pays peu répressif mais juste dans sa répression (pas une répression-cagnotte), où l'usager de la route est respecté en tant que citoyen d'abord, et c'est pourquoi les mesures vexatoires ne sont pas de mise : au contraire, l'usage de l'autoroute, dont certaines portions sont à vitesse illimitée, est encouragée par la gratuité et son accessibilité aisée où que l'on soit ; par ailleurs l'existence d'une vraie Police de la Route, très professionnelle et insérée - voire intéressée par la qualité du trafic - dans la circulation est un important gage de sécurité ; y compris pour les piétons, auto-stoppeurs, campeurs, touristes, moins exposés qu'ailleurs au banditisme ou aux pervers. Bien sûr, l'usager de la route moyen allemand, est lui-même respectueux, ce qui permet de rouler sans encombres permanentes sur des routes larges, en parfait état et du coup limitées à 100 km/h, car lorsqu'il y a un panneau de vitesse inférieure, c'est parce qu'il y a une RAISON INTELLIGENTE qui le justifie, et ainsi, tout le monde RESPECTE la limite.

- les Pays-Bas, la Suède, sont dans le même (très bon) cas.

- la Suisse s'est arrangée pour être une sorte d'île : lourdes taxes sur les camions qui sont dissuadés de passer sur son territoire ; dans une moindre mesure, même chose pour les autos et motos de touristes, qui du coup, en été, se trouvent sur un réseau routier étroit et surchargé ; cependant, les vitesses sont adaptées au contexte (c'est un petit Pays) et le fliquage n'est pas stressant comme en France ou en Grande-Bretagne ; par ailleurs, la Suisse n'ayant pas particulièrement modifié sa politique, l'impressionnante (-34,6%) baisse de mortalité illustre bien que les automobiles en elles-mêmes sont la meilleure garantie de sécurité ;

- la France est un cas bizarre : une répression bornée et imbécile conduit à des résultats de dangerosité inacceptables : alors que ce Pays, de par sa densité de population, devrait se comparer à l'Allemagne, elle obtient des résultats moyens, voire déplorables par certains aspects : la dangerosité des transports transcontinentaux y est accentuée (autoroutes payantes) ce qui se traduit par 36% d'accidents mortels impliquant un poids-lourds ; d'innombrables véhicules dangereux foisonnent (du char d'assaut 4x4 de l'arrogant-dominant, aux épaves de 20 ou 30 ans, pour cause de paupérisation) ; le mépris arrogant des pouvoirs envers les usagers et les associations d'automobilistes et motards est souvent digne de la Yougoslavie de Tito ; l'aménagement routier est disparate (de très bien à exécrable) car tout se passe - ce qui est d'ailleurs une caractéristique française générale - comme si tout était fait à moitié. Style un coup il y a de la pression (ou un nouveau chef ambitieux et pas encore phagocyté par la machinerie vient d'arriver), pression parfois médiatique bien que la plupart des grands médias se comportent en béni-oui-oui, et alors ça avance ; puis quand ça a avancé, ça s'arrête et ça reste ainsi. A moins même, que l'on vienne défoncer une route refaite à neuf parce qu'on a oublié quelque chose...
Bref, les dirigeants de ce Pays devraient arrêter d'être fascinés par le premier et le dernier courtisan venu, et ne plus avoir honte d'admettre que dans d'autres Pays, il y a aussi des gens qui pensent, et parfois mieux !

- l'Espagne, bien qu'envahie de touristes, est la preuve qu'un Pays latin n'est pas condamné au bordélisme et à la magouille sur le dos des usagers : routes larges, Police de la Route bien formée, limitations compréhensibles, parc roulant globalement en bon état et conducteurs disciplinés devrait inspirer certains cousins ;

- le Portugal, longtemps en retard sur les infrastructures a bien dépensé l'argent de l'Europe et s'inspire intelligemment de son voisin ; le parc roulant a aussi été assaini ;

- le Danemark et l'Autriche devraient être mieux placés ; ce n'est pas leur politique qui est en cause, mais tout simplement, ce sont des pays de transit au climat rude, voire très montagneux pour l'Autriche ;

- l'Italie se trouvait dans la situation de la France : fixation sur la vitesse et la rentabilité, je-m'enfoutisme pour les infractions au Code de la Route, encore que certains manquements (éblouissement, surcharge...) soient souvent réprimés. Par ailleurs, la Police de la Route (faite de brigades de Polizia, de Carabinieri, ou de Guardia di Finanza) participe efficacement à la lutte contre la délinquance au bord des routes (camions très contrôlés) ou à une meilleure sécurité (arrêtés au bord de la route, il n'est pas rare qu'une patrouille s'arrête pour voir si vous êtes en difficulté). Les Italiens roulent assez vite (en fait, il faut dire qu'ils sont plus vifs, moins ensuqués que certains français) mais le danger global est inférieur qu'en France, car ils conduisent GLOBALEMENT mieux, et sont généralement dénués du désir du REDRESSEUR DE TORT si typique en France (klaxonnant, invectivant our un oui ou un non).
Enfin, n'oublions pas que l'Italie est surpeuplée, et il y a en permanence 83 véhicules sur chaque km de la Péninsule contre 11 en France, 17 en Allemagne.
A noter une particularité italienne très IMPORTANTE : il y a en fait deux Italie, et celle du Sud doit plutôt se comparer à la Grèce : on fait ce qu'on veut, on se gare n'importe où ; au carrefour, s'il y a un stop ou un feu rouge, on s'avance en levant la main (pour demander l'autorisation à ceux à qui on coupe la route), et ça passe sans incident ou invectives ; spécial, mais une fois qu'on le sait, ça va...
Donc l'Italie se trouvait dans la situation de la France, jusqu'à récemment, où un décret a été signé pour interdire les contrôles de vitesse abusifs et scélérats (les Autorités ayant précisé que le rôle d'un Etat n'est pas de faire de l'argent sur le dos de certains citoyens, mais d'assurer la sécurité à tous). Par ailleurs, cette nouvelle loi s'accompagne de sanctions très alourdies concernant de vrais faits graves mettant délibérément la vie d'autrui en danger (alcoolisme, drogue, utilisation de voiture comme arme par destination, éblouissement, obstruction à la circulation, etc...), les sanctions, déjà lourdes, étant doublées pour faits accomplis nuitamment.
Dommage qu'aucune influence italienne ne fasse partie des conspirateurs envahissant le Président de la République français...

- concernant tous les Pays de l'Est en queue de peloton, ils ont des circonstances atténuantes : 70 ans d'assujettissement à la dictature soviétique ne va pas sans laisser des traces durables et profondes. On ne peut être qu'indulgents vis-à-vis de leurs infrastructures (tout était à refaire, et il y a encore du boulot !) ou de la formation de leur policiers (ça va du cool comme en Slovaquie, au psychorigide comme en Pologne (ou traverser un boulevard désert en dehors d'un passage clouté fait surgir une Skoda de milice, toute sirène hurlante !) ou en Hongre, en passant par le correct et sage en Tchéquie.
Le parc camion est par ailleurs encore assez redoutable, encore que leurs plaques d'immatriculation soient souvent lisibles (sur les camions-bennes tombereaux de chantier, donc toujours sales, l'immatriculation est peinte en énorme sur le hayon (idée que pourrait reprendre la France, vu la dangerosité de ces tombereaux toujours conduits à tombeau ouvert, ici ; et non bâchés, pour mieux répandre le contenu sur la route et dans votre parebrise...)
N'oublions pas que si ces Pays se sont globalement débarrasés de leur antédiluviennes Moskvich, Volga, Trabant, Wartburg, Jikouli, Jawa, Tatra, Skoda, TAN, Polski, FSO, Yugo, Zaztava, Dacia, Olcit, ZAZ, GAZ, ZIL et autres Avtovaz-Lada, les Occidentaux, et en particuliers les Français se sont débarrassés de leurs poubelles en les fourgant dans ces Pays, au début des années 90, avant que leurs gouvernement interdisent ces pratiques discriminatoires. De ce fait, on y voit presque autant de R5, BX, 309, 205, Golf I et II, Opel Kadett ou Ford Escort obsolètes et potentiellement dangereuses, qu'en France ! C'est tout dire...

- Quant à la Grèce, eh bien, c'est la Grèce ; nonchalance, chaleur, "décontraction", routes hyper-glissantes car faites en incrustant du gravier de marbre (!), camions et autocars de "compétition" ; bref, c'est déjà un peu le Moyen-Orient, encore qu'en fait, la Turquie voisine, immense et avec déserts et très hautes montagnes, est globalement bien plus sûre, contrôlée et structurée de façon très modernes (larges route, signalisation efficace, Patrol Polisi sérieuse et bien formée, parc roulant considérablement modernisé).

Maintenant vous en savez un peu plus : quand un aliéné pavlovien vous parlera, comme à la télé-voix-de-son-Maître, d'hécatombe sur les routes (sans se soucier des nombreuses causes de mortalité de bien d'autres manières, hélas), vous saurez au moins comment vous situer face au gogo.

Mercredi 14 Octobre 2009
Christine Von Elfy

http://www.wikio.fr